200 ans après sa naissance, hommage à Félix Nadar !
6 avril 1820. Voilà exactement 200 ans, vous naissiez Gaspard-Félix… successivement Tournachon, Tournadard… Nadarchon… Nardard et enfin NADAR !
Aussi, permettez-moi, Monsieur NADAR, de vous souhaiter une toute nouvelle et belle 201ème année puisque le présent s’offre encore à vous et à nous, comme un cadeau à travers vos œuvres immortelles. Et ce, plus de 110 ans après que vous avez définitivement pris votre Géant, disons-le ainsi, pour tirer votre révérence un 21 mars 1910, soit donc - à quelques jours près - 90 ans après votre naissance et… 58 ans, jour pour jour, avant la mienne !
Quelle longue et belle vie ! Quand même !
Ou... Malgré tout ?
Car, hélas, la célébration de votre venue au monde voilà 200 ans et, par répercussion ou incidence, celle de votre prodigieuse histoire risquent fort de passer inaperçues car l'inconscient collectif demeure l’inconscient collectif et puisque les résidus du passé n’ont, à ce jour, pas été analysés comme il se doit, ni traités en connaissance de cause, s’accumulant toujours un peu plus sous nos pas.


Félix Nadar vers 1905
Source : J. Paul Getty Museum, 1984
Serez-vous étonné de savoir ce dont l’espèce humaine a été capable au cours des cent dix dernières années que vous n’avez pu commenter de votre regard et de vos mots "acerbes", et surtout aiguisés, grâce à votre savoir-faire artistique multiple qui fut le vôtre ?
Deux siècles plus tard :
La célébration de votre 200ème printemps, en parallèle des événements récents qui agitent une fois de plus la communauté des hommes, aura beaucoup inspiré mes réflexions de ces derniers jours. Et ce contenu n’a toutefois pas ici sa place.
À quoi bon ? Même si, dans le fond, je ne saurais que vous donner raison d’avoir, en 1857, ironisé devant vos juges que « la photographie est à la portée du premier des imbéciles, elle s’apprend en une heure. Ce qui ne s’apprend pas, c’est le sentiment de la lumière et encore moins l’intelligence morale de votre sujet, la ressemblance intime. La photographie est un art. » (Source : NADAR – Stéphanie de Saint Marc - Éditions Gallimard)
Vous rejoignez en ce sens le Grand Maître Leonardo da Vinci lorsqu’il dit : « Un bon artiste doit montrer deux choses : L’apparence de l’homme et l’intérieur… le monde des pensées. La première est facile à rendre mais la seconde ! Tu ne peux commencer à rendre la seconde que par le choix du geste, du mouvement et de l’expression. » (Source : Léonard de Vinci Traité de la peinture – Éditions Calmann-Lévy)
Mais, à quoi bon vouloir « conduire le cheval à l’abreuvoir s’il ne veut pas boire » ?
À quoi bon vouloir changer les choses et s’interroger sur le fait qu’ « il y a… des gens qui savent voir et d'autres qui ne savent même pas regarder » ? (Source : NADAR – Stéphanie de Saint Marc - Éditions Gallimard) Seule une introspection de tous les instants conduite dans le douloureux processus d’individuation et un silence profond du Soi pourrait encore permettre de tomber le masque de « la persona qui dissimule une partie de la psyché collective dont elle est constituée, et qui donne l'illusion de l'individualité.../... dans cet assujettissement général du comportement à la coercition de la psyché collective. » (Source : Dialectique du Moi et de l’inconscient – Carl Gustav JUNG – Éditions Folio Essais)
À quoi bon continuer ici ce partage épistolaire et cette analyse des événements qui, depuis votre départ, ont agité l’inconscient collectif prouvant, ainsi qu'écrit dans Problèmes de l'âme moderne que « même chez les peuples civilisés, les couches psychologiquement les plus basses sont d’une inconscience peu différente de celle des primitifs », que « les couches immédiatement supérieures vivent, en général, à un niveau de conscience correspondant aux dernières civilisations de l’humanité » et que… « les couches les plus élevées ont une conscience analogue à celles des siècles qui viennent de s’écouler » ? (Source : Problèmes de l'âme moderne – Carl Gustav JUNG – Éditions BUCHET/CHASTEL)
À quoi bon... le rappeler une énième fois ? Même en ce 6 avril 2020, et 200 ans après votre naissance, Monsieur NADAR !
J’aurais le sentiment d'aller à contre courant de ce que me dictent ma pensée et mon inconscient, de perdre mon temps et de polluer cette célébration qui est la vôtre, et aussi de prendre part à un absurde pandémique, galopant telle une rhinocérite dont ma conscience s'est éloignée. Ailleurs sera donc mieux, sous une autre forme, lorsque Nadar et Ducale seront définitivement réunis. Pour l’heure, créons, par la pensée.
MERCI, une fois de plus pour cette inspiration que vous m’offrez à chaque instant depuis fort longtemps. Là est l'essentiel !
Je vous souhaite encore, MONSIEUR NADAR, une belle 201ème année. À venir…
Ducale
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" Il y a en photographie, comme partout, des gens qui savent voir et d'autres qui ne savent même pas regarder."(Nadar)

LIRE : La naissance d'un portrait - Félix NADAR
Du premier regard à la création finale du portrait au graphite

