Gargouille
Sculpture en pierre et ciment librement inspirée d'une des gargouilles de la Cathédrale Notre-Dame de Paris
Depuis le Moyen Âge, les gargouilles occupent une place singulière dans l'architecture des cathédrales. Leur fonction première était d'évacuer les eaux de pluie afin de protéger les murs des édifices. Mais, au fil des siècles, ces créatures fantastiques sont devenues bien davantage que de simples éléments techniques.
À Notre-Dame de Paris comme sur de nombreuses cathédrales gothiques, elles peuplent les hauteurs de silhouettes inquiétantes, animales ou hybrides. Elles semblent observer silencieusement les hommes, rappelant à chacun que l'ombre et la lumière, la peur et la connaissance, coexistent dans toute existence humaine.
Cette sculpture, réalisée en ciment et librement inspirée de l'une de ces figures, ne cherche pas à reproduire fidèlement une gargouille de Notre-Dame. Elle en reprend l'esprit pour lui donner une présence nouvelle.
Au-delà de sa dimension architecturale, la gargouille devient ici un symbole psychologique. Elle représente cette part de nous-mêmes que nous préférons parfois ignorer : nos peurs, nos instincts, nos contradictions, mais aussi la possibilité de les regarder en face plutôt que de les refouler.
Cette lecture rejoint, à sa manière, les réflexions de la psychologie analytique de Carl Gustav Jung. Ce que nous rejetons ou combattons sans le comprendre ne disparaît jamais vraiment ; il demeure à l'œuvre dans l'ombre de notre conscience. La gargouille devient alors moins un monstre qu'un témoin silencieux de cette réalité intérieure.
Les photographies présentées sur cette page montrent cette sculpture sous différentes lumières, au fil des saisons et dans son environnement d'origine, avant sa destruction.
Dans la psychologie analytique de Carl Gustav Jung, l'Ombre désigne cette part de nous-mêmes que nous refusons souvent de reconnaître. Les gargouilles, par leur apparence inquiétante, peuvent être perçues comme une représentation symbolique de cette réalité psychique : non pour l'exalter, mais pour inviter à la regarder afin qu'elle cesse de nous gouverner à notre insu.
Au fil du temps, cette sculpture a fini par dépasser sa seule dimension décorative pour devenir, dans mon parcours artistique, une réflexion sur la destruction, la mémoire, la liberté et ce qui continue d'exister malgré l'absence.
" D'exister, je redevins libre." (Ducale)
Chère Gargouille,
Oh ! Les Grotesques ! Croyant te détruire, ils t'ont rendue libre ! Par leur acte, libérés aussi auteur et création.
Ta fonction première Ô Chimère - Que dis-tu, leur tirer la langue ? - est le plus souvent d'évacuer le " trop plein " d'eau ? J'ai choisi de... te... placer au-dessus de l'Absurde, des larmes et des flammes de l'Enfer qu'ils refusent de voir et d'analyser comme étant juste l'opposé... De la tranquillité de l'Âme. Sans doute, la raison bien humaine, par leurs soins, de ton... illusoire destruction.
Quinze ans après ta Création, Chère Gargouille, il était temps que je... te... rende cet hommage. De tes cendres, toi aussi, tu renaîtras. Ailleurs... et loin de la contagieuse ignorance.






